
Présentation
Qu’en est-il aujourd’hui de la notion de création ?
Parce que les figures romantiques de l’artiste démiurge et du génie solitaire ont été mises à mal par l’art lui-même, les artistes contemporains héritiers de Dada, Duchamp, de l’art minimal et de l’art conceptuel privilégient les pratiques d’appropriation et de détournement, l’esthétique relationnelle, l’intervention militante ou la recherche, tandis que la littérature s’attache au document, à l’enquête de terrain, voire au ready made et aux pratiques d’uncreative writing. Le travail créateur n’en garde pas moins un fort prestige symbolique et une aura d’exceptionnalité. Associé à un idéal vocationnel infiniment désirable, il semble promettre un accomplissement de soi dégagé des déterminismes. Mais qu’en est-il quand la théorie économique évoque la « destruction créatrice » ou la « création de richesses », quand le « capitalisme artiste » en quête d’innovation perpétuelle prône le « management créatif », quand la créativité fait l’objet d’une injonction sociale généralisée – « tous créatifs ! » – invitant à l’esthétisation des pratiques et à la stylisation des modes de vie, et quand, enfin, se multiplient les hypothèses de créativités non humaines – celle de l’animal ou du vivant – voire d’une éventuelle créativité machinique, via l’IA générative ?
Le séminaire invite des artistes, des écrivain·e·s et des spécialistes de diverses disciplines à s’interroger sur le sens du mot et la réalité des pratiques correspondantes. Après une première année consacrée à la création au regard du droit, à la notion de travail créateur en sociologie et à la question de la créativité animale, les séances de cette année porteront sur la notion de création en philosophie esthétique, en art, en musique, sur la question de la création par IA et sur la notion de recherche-création.
Coordination : Pascal Mougin –
Retrouvez ici l’intégralité du programme.
Séance 1, mercredi 18 février 2026
Séance 2, mercredi 1er avril 2026
